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vendredi 28 septembre 2012

De la carotte sauvage et de ma myopie

Pour le bouquet du mois de septembre de Terre&Nature, j'ai décidé de vous présenter la carotte sauvage, une fleur que j'aime énormément... regarder, mais pas manger! Même si c'est l'ancêtre de la carotte des maraîchers, les risques de confusion avec d'autres ombellifères toxiques et sa texture fibreuse sont franchement pas encourageants...

Bon ok, j'aime pas trop la carotte tout court, voilà.
(Ce qui me vaut probablement mes lunettes, mais ça c'est une autre histoire...)

A la saison de la carotte sauvage, je deviens un terrible danger ambulant. Oui parce que forcément, on la trouve en bord de route et en bord de champs... alors quand je suis au volant je scrute, vous comprenez?! Pour l'année prochaine, je réfléchis d'ailleurs à un autocollant pour l'arrière de ma voiture qui avertirait:

"Attention, fleuriste myope au volant!"

Qu'en pensez-vous? :o)



La carotte sauvage est une fleur emplie de finesse. Ses grandes ombelles sont constituées de petites fleurs aux pétales blancs poudrés rehaussées d'une unique fleur grenat. Au Nouveau Monde, on l'appelle "Queen Anne's Lace", Dentelle de la reine Anne, en hommage aux travaux d'aiguilles raffinés de la défunte monarque, qui parfois, se piquant le doigt en travaillant, souillait sont ouvrage d'une goutte de sang, grenat, justement.


Dans la symbolique des fleurs, la carotte sauvage signifie "refuge" ou "sanctuaire". Si vous avez déjà eu l'occasion d'observer tous les insectes qui s'y installent, cette image ne vous étonnera probablement pas. Ancêtre de nos carottes, la belle des champs et sa racine sont comestibles. Cependant, elle ressemble beaucoup à une autre et terrible ombellifère, la ciguë, bien connue pour avoir empoisonné Socrate. Ne la cueillez donc en vue de la consommer que si vous êtes certains de l'avoir reconnue. La fleur de carotte se distingue par exemple par son odeur de carotte fraîche, par son centre grenat et par sa forme de nid lorsque la fleur atteint sa maturité.


La forme mature du nid est d'ailleurs une très jolie particularité de la carotte. Après avoir été fertilisée, la fleur se recroqueville, formant une petite boule verte et plumeuse qui engendrera des graines violacées. Lorsque les graines seront prêtes, la boule se rouvrira à peine, formant ainsi un petit nid, berceau de son abondante progéniture. Fleurissant jusqu'en Octobre, les carottes sauvages sèment longtemps leurs petits pétales blancs au vent, comme de minuscules flocons tourbillonants annonçant des temps plus frais. Accompagnées de fruits de fin d'été, les fleurs sauvages de cette composition linéaire et dorée accompagnent alors tout en douceur le début de l'automne comme une belle tarte aux pommes parfumée... 


Texte paru dans l'édition de Terre&Nature du 20 septembre 2012.
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mardi 4 septembre 2012

Mon topiaire s'appelle Hortense

Avec la rentrée, voici aussi le retour des bouquets du mois du magazine Terre&Nature. Pour cette rentrée, c'est l'hortensia qui accompagne la petite pomme de la récré... c'est tout rond, tout doux, pour bien commencer la transition vers l'automne. (Et comme je sais déjà que vous serez très sages, je vous posterai comment fabriquer ce petit arbre très facile à réaliser dans les jours qui viennent.)


Dans la catégorie reine des jardins, la fleur d'hortensia mérite certainement sa couronne. L'hydrangea, puisque c'est ainsi que les botanistes l'ont nommé, est remarquable par bien des aspects. Il y a d'abord la longévité de sa floraison, de la fête des mères à la fin de l'été. La couleur de sa fleur, ensuite, qui dépend du taux d'alumine du sol. Dans un sol à forte teneur en alumine, les variétés rosées deviennent bleues et les variétés rouges virent au mauve foncé. Les fleurs, enfin, ont la propriété unique de changer de couleur en fonction de leur niveau de maturation. Au court du temps, leurs fleurs blanches, roses ou bleues à l'origine se mêlent de vert. Ce changement de couleur cesse cependant dès que la fleur est coupée. Vous pouvez donc choisir la couleur de vos hortensias en les coupant au moment opportun... La forme fascinante de l'hortensia n'est pas sans rappeler celle d'un cruche d'eau ancienne, du moins c'est ce que le botaniste Gronovius pensait au début du 18e siècle. Il a combiné les mots "hydro" (= eau) et "angeion" (= baignoire ou cruche) pour former le nom hydrangea. À l'époque Gronovius avait été enthousiasmé par cette «nouvelle» plante; nouvelle à l'Europe en tout cas. C'est en effet en 1735 seulement que les premiers hortensias apparurent dans les jardins occidentaux. Ces derniers étaient déjà largement utilisées dans les jardins chinois et japonais, et ce, depuis des siècles. L'hortensia est en fait une plante très ancienne puisque des recherches sur résidus fossiles ont montré qu'elle existe depuis près de 140 millions d'années! Aujourd'hui, la vieille et noble dame a conquit les cinq continents et fleurit sans faillir dans tous les jardins où la terre est riche et l'arrosage conséquent. Quant à son langage, n'essayer pas de le comprendre. Là où certaines fleurs portent un message symbolique très claire, l'hortensia peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Offrez en donc sans arrières pensées, juste pour leur ancestrale et inaltérable beauté.


Texte paru dans l'édition de Terre&Nature du 25 août 2012.
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samedi 23 juin 2012

Le sureau, au chapitre de l'été

Voici le bouquet du mois de juin paru dans Terre & Nature pour fêter le premier jour de l'été. Un rayon de soleil, et le premier bouquet réalisé à Blanzy, avec des fleurs de mon jardin. Cette composition célèbre donc aussi quelque peu le début d'un nouveau chapitre de florésie, qui je l'espère, sera comme un long été...


L'été approche à pas incertains, certes, mais approche quand-même. Pour preuve, les prairies et jachères qui se couvrent ces jours-ci de tâches colorées et aériennes. Les bordures des champs se transforment en paysages impressionnistes, comme si les toiles des grands-maîtres s'étaient échappées des musées pour ravir nos yeux pendant quelques semaines.
Les fleurs de sureaux font parties de ces petites merveilles de début d'été. Minuscules, blanches et immaculées, elles forment de grandes ombelles qui viendront décorer leurs arbres bien communs dans nos régions. Leur fragrance sucrée avec une subtile touche de vanille est facile à capturer dans un sirop doux et rafraîchissant qui durera bien au delà de la floraison.
Une fois fanées, elles laisseront place à des baies aussi noires que les fleurs sont blanches. Les anciens Neuchâtelois racontent que réduites en sirop, ces baies soigneraient la toux. Associées aux tanins du thé et à la poudre d'alun, les baies se transforment aussi facilement en encre naturelle aux tons violets à bleus foncés, qui pourrait servir, pourquoi pas, à rédiger les cartes postales de vos vacances d'été.


Le nom latin du sureau, Sambucus, fait allusion aux flûtes, aussi appelées sambucas, que les pâtres grecs taillaient dans son bois tendre dont les rameaux sont creux. On l'utilise toujours pour réaliser les instruments à vent modestes comme les fifres et les mirlitons. Ces derniers accompagnaient encore il n'y a pas si longtemps les bals champêtres de leurs airs joyeux où l'on s'enivrait aussi de vin de sureau.
Supposé magique, le sureau inspire les conteurs et écrivains depuis toujours. Les histoires de sorcières et rituels associé à cet arbustes sont cependant tantôt bénéfiques, tantôt maléfiques, à tel point qu'il est difficile de décider si la présence de l'arbre est souhaitable ou non. Quoi qu'il en soit, la baguette magique la plus puissante de la saga de Harry Potter était en sureau. Rien que pour cela, il semble judicieux d'en avoir toujours à portée de main!


Associée à l'amoureuse marguerite, au fringant lierre irlandais et aux rondeurs des tomates miniatures, la fleur de sureau embaumera votre intérieur dans cette composition réalisée avec une technique très facile, adaptée à toutes les fleurs de l'été, qu'elles proviennent de votre jardin, des champs environnants, ou d'arbustes magiques...


Texte paru dans Terre & Nature le 21.06.2012.
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jeudi 31 mai 2012

Conte moi un mariage... {3/3}

Voici le troisième et dernier volet des contes en fleurs réalisés pour un très joli mariage de mai... Si j'ai eu du plaisir à les réaliser tous, le petit lit de la Belle au Bois Dormant restera parmi mes préférés. Et vous lequel vous plaît le plus parmi ces trois volet (ici les volets un et deux)?

Peter Pan
Arielle, la Petite Sirène
La Belle au Bois Dormant

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mercredi 30 mai 2012

Conte moi un mariage... {2/3}

Et les petites histoires de fleur continuent... uniques et douces pour un banquet pas comme les autres :o)

Blanche Neige et les 7 Nains

Alice au Pays des Merveilles

Hansel et Gretel

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mardi 29 mai 2012

Conte moi un mariage... {1/3}

Quand Violine m'a contactée en Septembre dernier, elle cherchait un fleuriste prêt à réaliser son projet pour une déco de mariage un brin magique sur le thème... des Contes.

Ce n'est pas un secret, j'aime raconter les histoires de fleurs... de là à raconter des histoires avec les fleurs, il n'y avait qu'un tout petit entrechat que je n'ai pas hésité une seule seconde à sauter...

Nous nous sommes vues plusieurs fois pour élaborer des idées, discuter du choix des fleurs, visiter le lieu de réception. Ce fût un projet tout en pétillement, comme je les aime :o)

Robin des Bois

Aladdin et la Lampe Magique

Le Chat Botté

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samedi 26 mai 2012

De pivoines et d'eau fraîche...

Vite avant que le joli mois de Mai se termine et avec lui la saison des pivoines, voici le bouquet du mois de Terre & Nature... Les art-floralistes-en-herbe trouverons la recette et tous les secrets de cette couronne flottante ici. Je vous souhaite autant de plaisir à la réaliser que j'en ai eu à la créer :o)

 
Quoi de plus agréable à cette période de l'année que d'entrer dans une pièce ou s'épanouit un joli bouquet de pivoines? C'est son parfum en premier qui annonce la présence de la reine des fleurs de mai. Tout en tendresse, il évoque quelque peu le parfum de la rose avec des accents végétaux légers comme ceux du muguet sous la rosée matinale. Et puis c'est le plaisir des yeux. La pivoine est belle à toute les étapes de sa floraison, du bourgeon tout en rondeur, à l'éclosion de la plus généreuse des corolles constituée de milles pétales soyeux.

La belle de mai est connue depuis l'Antiquité, son patronyme provient d'ailleurs du nom de Paeon, l'un des plus ancien dieux guérisseurs des grecques. Elle était à l'époque reconnue pour ses vertus médicinales: soin des fièvres cycliques, des éruptions cutanées, et cicatrisation des plaies. La plupart des textes astrologiques de l'Antiquité reliait la pivoine à la Lune:  il semblerait qu'elle croissait et diminuait selon les phases lunaires!  On lui prêtait aussi des qualités magiques qui rendaient sa récolte périlleuse pour les non-initiés. La plante devait par exemple être arrachée la nuit, car le cueilleur risquait de perdre ses yeux si un pivert le surprenait. Et pire encore le châtiment encouru pour la découpe de sa racine, d'ailleurs bien trop inconvenant pour être exposé ici...


Aujourd'hui on la connaît surtout par l'expression consacrée: "Rouge comme une pivoine", un triste abus de langage puisque que les pivoines ne sont pas toujours rouges! Sous nos latitudes elle symbolise la sincérité, décuplant ainsi la signification des autres fleurs qui constitue le bouquet dont elle fait partie. En Chine, enfin, on lui voue un véritable culte car elle apporte richesse et honneur a celui qui en possède.

Ce mois-ci, la pivoine est donc à l'honneur dans cette couronne estivale, flottant doucement à la surface de l'eau claire, entourée par des fleurs des champs solaires et joyeuses...

Article paru dans Terre & Nature le 24 Mai 2012.
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lundi 7 mai 2012

Le coeur léger et le muscari

Avec le retour du printemps, je me sens des élans lafontainesques et un peu plus je vous écrivais une petite comptine en alexandrins... Mais même si le sujet du jour s'y prête bien, je crains que l'inspiration ne faiblisse rapidement (je n'ai jamais eu la patiente de créer sous la contrainte de la rime euhm euhm). Voici donc pour vos yeux, et en prose, le bouquet du mois de Terre&Nature, et son DIY. Enjoy :o)


On raconte qu'à la ceinture des bergers d'autrefois pendait une bourse qui était toujours vide et plate, parce que les bergers étaient très pauvre. C'est à cause de la forme de ses petites feuilles plates, ressemblant à ces bourses tristement vide que notre petite star du mois a été baptisée "bourse à pasteur". A y regarder de plus prêt, c'est n'est pas en forme de bourse que sont ses petites feuilles, mais en forme de petits coeurs...

Tout comme le plantain, la bourse-à-pasteur est l'une des premières plantes à coloniser une terre nue. Dans ce sens, elle contribue à réduire les effets de l'érosion résultant de l'action du vent ou de la pluie. Il faut la remercier pour cela d'autant plus qu'elle a une remarquable capacité d'adaptation. Considérée comme une des mauvaises herbes les plus répandues sur notre planète, la bourse à pasteur pousse en effet dans n'importe quel sol, sous n'importe quel climat.

Côté soin elle principalement connue pour ses propriétés hémostatiques. Il suffit d'appliquer la plante fraîche sur les coupures pour cesser les saignements. Elle fût d'ailleurs largement utilisée pendant la première guerre mondiale pour arrêter les hémorragies consécutives au blessures. Pour les mêmes raisons, consommée en tisane ou en teinture, elle sert à soigner les règles abondantes ou irrégulières.

Comestible, on peu déguster les jeunes rosettes de feuilles, crues ou cuites, au printemps surtout. Un peu sucrées, les petites fleurs blanches peuvent s'ajouter aux salades. Enfin, les petites graines possèdent une saveur piquante qui en fait un excellent condiment. Séchées, ces dernières feront aussi la joie des mésanges pendant la période hivernale.

Avec toutes ses vertus, on pourrait penser que la bourse à pasteur a réellement du coeur, pas étonnant alors que dame nature lui ai choisi ce feuillage. Dans votre bouquet du mois,  agrémentée de jolis muscaris odorants, elle servira à la fois de verdure et de structure...


Texte paru dans Terre & Nature le 26.04.2012.
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jeudi 29 mars 2012

Des narcisses ensoleillées pour Pâques

Pâques c'est tout bientôt, alors pour les lecteurs de Terre & Nature, j'ai concocté un petit bouquet plein de soleil avec les fleurs de la saison: Les narcisses!


Narcisse ou Jonquille? Personne n'est jamais tout à fait sûr de savoir laquelle est laquelle. En fait, la seule espèce de jonquille rustique pousse sur les bords de la Méditerranée, alors autant vous dire que les fleurs printanières à trompette que nous appelons communément "jonquilles" ne sont autres que des narcisses. Et puis, la jonquille est aussi une fleur de la famille des narcisses. Bref, si on veut être sûr de ne pas se tromper, la règle est toute simple: utiliser le mot "narcisse" dans tous les cas!
Parlons narcisse donc. Et inutile de revenir sur l'histoire de Narcisse, tombé amoureux de son reflet, qui évidemment donna son nom à la fleur dans laquelle il fût transformé lorsqu'il périt sous le joug des dieux. La fleur solaire a bien plus à raconter...
Originaire des régions du sud, la narcisse fût importée en Europe du Nord pendant l'Antiquité pour ses soit-disant vertus de guérison. Les marchands de l'époque on dû faire une erreur de traduction puisque loin de soigner, la narcisse est toxique! On raconte d'ailleurs que les soldats romains en portaient toujours quelques bulbes dans leur besace afin de pouvoir les croquer et tirer partie de leur qualité narcotique pour adoucir une potentielle agonie.
Mais la narcisse est surtout la fleur symbole de Pâques dans les contrées du Nord. Multiples sont d'ailleurs les histoires chrétiennes qui lient la narcisse à l'histoire de la période pascale. En Grande-Bretagne, par exemple, on n'ose pas célébrer Pâques sans une décoration de table composée de narcisses épanouies. En allemand, on lui donne officiellement le sobriquet de "Osterglocken" qui signifie "Cloche de Pâque".
Avec sa ligne moderne et raffinée, ce bouquet sera donc tout à fait seyant à votre table pascale. Cette composition en "botte", comme couronnée d'un ciel étoilé et joyeux, met en valeur les belles narcisses qu'un rayon de soleil printanier suffit à faire éclore.


Texte paru dans Terre & Nature le 22.03.2012.
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vendredi 24 février 2012

Anémone, fleur du vent...

Le bouquet du mois de février de Terre & Nature est un peu comme une douce brise printanière... Les amoureux du vent trouverons ici la marche à suivre pour le réaliser.


Les fleurs à bulbes sont les premières à éclore pour célébrer les heures précoces du printemps. Parmi elles, l'anémone égaie de ses grands pétales aux couleurs vives nos jardins et les étals des fleuristes. Ses graines plumeuses assemblées en cordon essaiment à maturité, portées par le vent, d'où son nom qui en grec signifie "fille du vent".
Dans la mythologie grecque, Anémone était une nymphe, amante de Zéphyr, dieu du vent. Elle fût transformée en fleur par Flore, l'épouse légitime, qui lui ôta aussi son parfum afin que jamais son époux adultère ne la retrouve. Présente dans les enluminures médiévales, l'anémone symbolise l'abandon et l'éphémère. Reconnue pour sa beauté tout en simplicité, l'anémone revêt aujourd'hui l'habit de la tristesse en violet, et symbolise la persévérance en dépit de tout lorsque ses pétales sont rouges.
Originaire d'Orient, l'anémone a conquis l'Europe au milieu du XVIIe siècle. C'est un botaniste français du nom de Bachelier qui rapporta des graines d'anémone suite à un voyage. M. Bachelier, botaniste jaloux, cultiva l'anémone dans son jardin sans jamais vouloir en céder une graine. C'est grâce à un autre passionné de botanique, conseiller au parlement, que l'anémone pu sortir en cachette du jardin où Bachelier la gardait en otage. Ce dernier avait en effet remarqué que les graines de l'anémone s'attachaient volontiers aux vêtements de laine. Il rendit donc visite à M. Bachelier vêtit de sa robe magistrale en laine qu'il laissa traîner au bon endroit afin de récolter quelques précieuses graines. L'histoire raconte qu'il ne suffit ensuite que de quelques saisons pour que l'anémone séduise le tout Paris.
Après l'opulence floral de la St-Valentin, cette composition très naturelle fait la part belle à l'élégante renoncule et à la légère anémone, et ajoutera un brin de douceur dans votre intérieur, en attendant des jours plus tempérés...




Chronique parue dans Terre & Nature le 16 février 2012.  
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mercredi 1 février 2012

Ode à la Clématite, douceur de l'hiver

 Voici enfin le bouquet du mois de janvier de Terre & Nature... Si cette composition allume des petites étoiles dans vos yeux et déclenche des picotements au bout de vos doigts, vous trouverez ici la marche à suivre pour la réaliser :o)


Alors que le froid et le gel sont bien installés, la nature a encore des trésors de décoration à offrir à qui sait les dénicher. Quoi que la plante star du jour, la "clématite des haies", est plutôt commune... en témoigne le grand nombre de sobriquets qu'on lui attribue!
On la nomme en effet parfois "vigne blanche" d'après la couleur de ses fleurs qui prospèrent de juin à août et laissent place aux fruits duveteux qui persistent longtemps, jusqu'aux tréfonds de l'hiver. "Old man's beard" (barbe de vieillard), c'est ainsi que surnomment nos voisins anglo-saxons, les grandes étendues de fruits argentés qui brillent au soleil de janvier, tout à leurs aises, à l'orée des bois et dans les fourrés. En France, on la dénomme toujours "herbe au gueux" en souvenir d'une triste pratique. La belle est en effet très irritante. Cet effet était bien connu des mendiants qui s'en frottaient la peau, générant ainsi cloques et rougeurs, pour susciter la pitié des passants.
Hormis sa floraison généreuse et ses fruits persistants, qui lui valent souvent une place de choix dans les jardins, la clématite est aussi une plante comestible. Ses jeunes pousses se mangent cuites avec de la vinaigrette, comme on savoure les asperges. Ce mets est cependant réservé aux initiés qui sauront préparer la plante pour éviter tout désagrément lié à sa toxicité.
Mais n'ayez crainte, séchée par les frimas, la clématite ne présente plus le moindre danger, même pour les peaux sensibles. Vous pourrez donc réaliser ce bouquet avec sérénité. Mêlant le fruit de la clématite, dernier reclus de l'hiver, avec la tulipe, première fleur du printemps, cette composition annonce tout en douceur, la transition saisonnière...

Chronique parue dans Terre & Nature le 26 janvier 2012.  
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dimanche 15 janvier 2012

It's Tulip Day in Stockholm

Aujourd'hui, dimanche 15 janvier, nos amis Suédois célèbrent le jour de la tulipe. En leur honneur je vous propose donc un tout petit bouquet de tulipes épanouies dans un vase Ikea bien-sûr! ;o)

 © Photos florésie 2012. Tout droit réservé. 

On associe souvent la tulipe au Pays-Bas, mais les Suédois ne sont pas en reste... la preuve en chiffres:
- 1 million: c'est le nombre de tulipes vendues entre Janvier et Avril en Suède;
- 120 millions: c'est le nombre total de tulipes achetées en Suède par année;
- 400: c'est le nombre de variétés différentes de tulipes cultivées en Suède.

Le jour de la tulipe est donc une fête officielle en Suède depuis une vingtaine d'années. Pendant cette journée qui célèbre l'arrivée du printemps (oui, c'est tôt le printemps en Scandinavie!), les Suédois courent chez leurs fleuristes se procurer des bouquets pour décorer leurs intérieurs et pour en offrir à leurs proches...

Moi, je trouve qu'ils ont des chouettes traditions les Suédois!
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mercredi 21 décembre 2011

Noël en fleur et la mère des grands pins

Voici une idée de décoration pour une table de Noël tout en douceur. Ces petits cubes floraux, rose et argent sont à multiplier à l'envie, avec l'élégant lysianthus, le cinéraire cristallin et les petits flocons de gypsophile entourant la pomme de pin, humble maman des grandes forêts de cônifères... (Le tuto est dispo sur le site de Terre & Nature.)


Pigne en Gascogne, cocotte au Québec, pive chez nous, la pomme de pin douce et solide porte bien tout ces surnoms affectueux. Ni tout à fait fleur, ni tout à fait fruit, cette inflorescence constituée d'écailles boisées n'est autre que la mère des grands pins, porteuse de graines ailées qu'elle couve pendant de long mois avant de s'ouvrir pour les laisser s'envoler, portés par la brise, à la conquête de nouveaux espaces.
Dans l'Antiquité, la pomme de pin représentait la fécondité et ornait le sommet du sceptre de Bacchus, dieu de la vigne et du vin. Au Moyen-Age, les légendes chrétiennes décrivaient les graines de la pomme de pin comme les doigts de la Vierge ou du Christ. Ces mêmes graines étaient vendues à la fin du XIXe comme amulettes qui protégeaient des maladies ou comme fertilisants... les femmes en consommaient lorsqu'elles souhaitaient un enfant.
Avec ses motifs réguliers et sa rondeur naturelle, la pive est très prisée en art floral et en décoration. Une balade en forêt sur les hauteurs suffira à se procurer la belle qui orne naturellement les branches des sapins sauvages comme les boules et les guirlandes que l'on ajoute à nos sapins de Noël. Très prisée aussi des enfants, facile à transformer avec quelques branches simplement glissées entre ses écailles dont naîtront poupée, animal ou oiseau. Entre de petites mains inventives, la pive devient ainsi un jouet doté d'inifinies possibilités...


(Paru dans Terre & Nature le 15 décembre 2011)
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mercredi 23 novembre 2011

Couronne de l'Avent autrement

Bon, moi les couronnes de l'Avent avec du sapin, des pommes de pin dorées et des petits noeuds rouges, j'aime pas. Voilà c'est dit. Voici donc ma version du grand classique avec du carton de récup, et de la fleur de coton, créée pour les lecteurs de Terre&Nature (vous trouverez le tuto ici).


Voici un an déjà que vous pouvez découvrir la rubrique "Votre bouquet" chaque mois dans les pages de Terre & Nature. La fleur de coton semblait donc la plus appropriée pour fêter ce premier anniversaire, comme on célèbre les noces de coton après tout juste un an de mariage.
Symbole de douceur et de féminité, la fleur de coton est bien évidemment utilisée dans la fabrication du tissu qui porte son nom, ainsi que dans les cosmétiques et en décoration. Mais ne vous y trompez pas, la corolle constituée de 5 pétales ouatés appelée communément fleur de coton est, en fait, le fruit du cotonnier! Et ce n'est pas la dernière surprise que nous réserve cette petite boule si douillette...
C'est il y a 12'000 ans que les Egyptiens commencèrent les premiers à cultiver et utiliser le coton pour confectionner leurs vêtements. Cette pratique s'étendit ensuite à l'Inde qui mit au point des techniques de tissage et de teinture au point d'obtenir des étoffes légères, gaies et colorées. Ces "indiennes de coton" feront le ravissement des coquettes Européennes dès le XVIe siècle.
Mais en 1686, la France en interdit l'importation pour protéger ses producteurs de lin et de laine...
Pour assouvir les fashonistas de l'époque,  les marchands de coton français se réfugient en Suisse romande et y fondent des usines de tissage. C'est ainsi que la Suisse réussi sa révolution industrielle, en devenant le plus grand producteur d'indiennes de coton au monde. D'ailleurs, au début du XVIIIe siècle, le dynamisme de l'industrie du coton est tel qu'il permet le développement des banques et de l'horlogerie, qui supplanteront bientôt les usine de tissage... et vous connaissez la suite de l'histoire.
Le coton, sous ses rondeurs délicates, cache donc bien son jeu. Résolument moderne, ce bouquet en forme de couronne épurée fait la part belle à cette fleur hors du commun si étroitement liée à l'histoire de notre pays. Enfin, on ne se lasse pas d'effleurer sa blancheur ouatée qui ne va pas sans rappeler la brume automnale enveloppante, à moins que ce ne soit les premiers flocons de l'hiver...



(Publié le 17 Novembre 2011 dans Terre&Nature)
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jeudi 27 octobre 2011

Dahlia Mania

Oui, je fais une fixette sur le dahlia ces derniers temps, mais j'assume.

Maintenant que les choses sont claires, venons en aux choses sérieuses: le bouquet du mois d'Octobre paru dans Terre & Nature le 20 octobre dernier. Pour celles et ceux qui, comme moi craque sur le dahlia et aimeraient la réaliser chez eux, la marche à suivre est disponible comme d'habitude dans le dossier bouquet du mois de Terre & Nature.


Pour une fois, l'histoire ne commence pas avec des noms latins compliqués et des légendes de divinités grecques dont la symbolique accompagne la fleur du mois. Désolée donc pour les aficionados de l'Antiquité mais ce mois-ci, c'est en Amérique du sud que nous allons, puisque c'est de là-bas qu'est originaire le dahlia.

Objet de culte intemporel, le dahlia était déjà utilisé lors de cérémonie par les Aztèques. Aujourd'hui cultivé par les amateurs de concours, il tient toujours le haut de la scène comme en témoigne les multiples clubs et sociétés de dahlia qui s'adonnent à des joutes d'élégances dans le monde entier. L'avantage de ces compétitions, qui existent depuis le 19e siècle, c'est que de multiples variétés, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, ont été créées. On dénombre pas moins de 4000 espèces de dahlia, de tailles allant de celle d'une grosse noix à celle d'une assiette à soupe! Sans parler de la palette de couleur des dahlias qui couvre tous les tons de l'arc-en-ciel... oui enfin, sauf le bleu! En 1826, on mit d'ailleurs la création d'un dahlia bleu à prix: 100 livres sterling au premier qui y parviendrait. Et bien ces 100 livres sterling, bien que représentant une très grosse somme pour l'époque, n'ont jamais trouvé preneur.

Mais le dahlia n'est pas qu'une bête de scène, il est aussi utile. Les Aztèques, encore eux, avait déjà décelé ses vertus curatives contre l'épilepsie. Plus tard en Europe on en fît un des premiers traîtement contre le diabète et lors de la grande famine, on espéra même pouvoir l'utiliser pour remplacer la pomme-de-terre. Mais il faut bien avouer que la chaire de sa racine tubercule n'est pas tout à fait aussi savoureuse que la robe de sa fleur est agréable à l'oeil!

Par chez nous, le dahlia est facile à se procurer dans les champs en libre service. Vous aurez donc tout loisir de choisir une à une les fleurs de votre bouquet automnal. Agrémenté de quelques branchages, des baies d'églantiers, et un peu de fil à coudre chamarré... pour lui donner un petit air amérindien, pour ne pas oublier d'où il vient, le dahlia.


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mercredi 5 octobre 2011

Des roses couleur soleil pour ce beau début d'automne...

Voici (avec un peu de retard...) le bouquet du mois paru dans Terre & Nature le 22 septembre dernier. Pour celles et ceux qui aimeraient la réaliser chez eux, la marche à suivre est disponible comme d'habitude dans le dossier bouquet du mois de Terre & Nature.

Bon je vous laisse vous cultiver au sujet de la rose jaune, voire vous amuser à réaliser cet éventail un peu narquois quand-même et je m'en vais réfléchir au bouquet du mois d'octobre, et préparer tous les posts que j'ai en retard... restez dans le coin, va y avoir plein de surprises! :o)


D’abord, il faut savoir que la rose est considérée comme la reine des fleurs. Espèce la plus cultivée du monde, comptabilisant le plus grand nombre de variétés, agrémentant les mets les plus fins et dont émanent les parfums les plus suaves. Une dame de ce rang a donc bien le droit à des privilèges, comme celui de posséder un nom dédié, différent du nom donné à la plante elle-même: la rose est la fleur du rosier.
Il va sans dire que la symbolique qui entoure la rose est aussi complexe que la fleur est recherchée. Par exemple, outre la signification portée par sa couleur, la rose transmet aussi un message en fonction de sa variété et du nombre de fleurs qui constituent le bouquet. Ainsi pour faire simple et éviter tous malentendus, il est préférable de renoncer aux roses jaunes. Particulièrement soupe au lait, ces dernières peuvent passer sans préambule de la joie et l’amitié à l’infidélité et à la jalousie!
Mais comme il serait bien triste de se priver des joyeuses roses jaunes, je vous propose de les utiliser pour ce bouquet du mois, avec du solidago et des marrons. Bouquet à constituer égoïstement pour soi, justement pour éviter tout malentendu!

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mercredi 31 août 2011

S'il ne te reste que deux sous...

... au monde achète une miche de pain et un lys.
(Proverbe chinois via Glamourdrops)

Source: Glamourdrops
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